Vertiges du violon

Jouer du violon, disent les Italiens, c’est suonare il violino, littéralement faire sonner le violon. Une expression qui dit tout : le violon n’est pas seulement joué, il est mis en vibration, animé, habité. Et qui mieux que Deborah Nemtanu, violon solo super soliste de l’Orchestre de chambre de Paris, pour incarner cet art du son porté à son plus haut degré d’intensité et de maîtrise ?

Conçu comme un concert immersif, au plus près de l’instrument et de celle qui le fait résonner, ce programme invite à une écoute rare : celle d’un violon seul capable de faire entendre un orchestre entier. Polyphonies implicites, lignes multiples, illusion des voix superposées, avec quatre cordes seulement, le violon déploie un monde sonore d’une richesse vertigineuse.

Du jeu savant et lumineux de la Partita de Jean-Sébastien Bach aux vertiges obsessionnels de la Sonate n°2 d’Eugène Ysaÿe, en passant par la fresque narrative et rythmique de Cleopatra de Fazıl Say, jusqu’au rire diabolique du Caprice n°13 de Paganini, ce programme explore toutes les facettes du jeu du violoniste.

Un concert intense et fascinant, où le violon devient tour à tour masque, miroir et terrain de jeu, et où l’art de suonare il violino prend tout son sens.

 

Photo : Lyodoh Kaneko

Vertiges du violon

Jouer du violon, disent les Italiens, c’est suonare il violino, littéralement faire sonner le violon. Une expression qui dit tout : le violon n’est pas seulement joué, il est mis en vibration, animé, habité. Et qui mieux que Deborah Nemtanu, violon solo super soliste de l’Orchestre de chambre de Paris, pour incarner cet art du son porté à son plus haut degré d’intensité et de maîtrise ?

Conçu comme un concert immersif, au plus près de l’instrument et de celle qui le fait résonner, ce programme invite à une écoute rare : celle d’un violon seul capable de faire entendre un orchestre entier. Polyphonies implicites, lignes multiples, illusion des voix superposées, avec quatre cordes seulement, le violon déploie un monde sonore d’une richesse vertigineuse.

Du jeu savant et lumineux de la Partita de Jean-Sébastien Bach aux vertiges obsessionnels de la Sonate n°2 d’Eugène Ysaÿe, en passant par la fresque narrative et rythmique de Cleopatra de Fazıl Say, jusqu’au rire diabolique du Caprice n°13 de Paganini, ce programme explore toutes les facettes du jeu du violoniste.

Un concert intense et fascinant, où le violon devient tour à tour masque, miroir et terrain de jeu, et où l’art de suonare il violino prend tout son sens.

 

Photo : Lyodoh Kaneko

L’Offrande musicale

Véritable défi d’invention contrapuntique, L’Offrande musicale de Jean-Sébastien Bach naît en 1747 d’un thème imposé par Frédéric II de Prusse. Canons à énigme, fugues savantes et jeux de miroir s’y succèdent dans une écriture où le jeu intellectuel est omniprésent. Mais derrière ces rébus musicaux se déploie aussi une œuvre d’une profonde musicalité, d’une expressivité et d’une intensité poétique rares, où la science du contrepoint se met pleinement au service de l’émotion.

Cette partition exceptionnelle est confiée à l’Ensemble Diderot, l’un des ensembles instrumentaux baroques les plus remarqués aujourd’hui, salué internationalement pour l’excellence de ses interprétations sur instruments d’époque et sa discographie primée. Par la clarté du discours, l’énergie du jeu collectif et la finesse des couleurs, l’ensemble révèle à la fois la dimension ludique et la force expressive de l’Offrande musicale, transformant ce chef-d’œuvre en une expérience aussi jubilatoire que bouleversante.

Les Maîtres sonneurs

Déjà accueilli lors de la précédente édition du festival, The Kraken Consort avait alors rencontré un vif succès auprès du public. Encore jeune, l’ensemble s’impose pourtant déjà comme l’un des acteurs les plus prometteurs du renouveau du répertoire celtique, à la croisée des traditions et des écritures savantes. Convaincu de la singularité et de la force de leur démarche artistique, le Festival Classique au large a choisi de les accompagner cette année en leur offrant une résidence, afin de soutenir la création de leurs futurs programmes de concert et de les inscrire durablement dans le paysage musical.

Empruntant son titre au célèbre roman de Georges Sand Les Maîtres Sonneurs, ce programme met à l’honneur les instruments et ceux qui les font chanter. Les musiciens du Kraken Consort célèbrent la virtuosité, les timbres et les infinies nuances de la cornemuse, des flûtes, du violon, du cistre, du théorbe et de la contrebasse, dans une joute musicale aussi libre qu’inventive.

Aux couleurs de l’Irlande, de l’Écosse et de la Bretagne, ce concert mêle danses, airs instrumentaux et chansons, où la voix vient s’entrelacer avec les ornementations des sonneurs. Tour à tour intime et festif, il invite à un voyage sensible au cœur des brumes et des landes des terres d’Outre-Manche, là où la musique se transmet comme un art vivant, partagé et jubilatoire.

The Kraken Consort
Chantal Santon Jeffery, soprano
David Lombardi, fiddle
Sylvain Barou, flûtes, uilleann pipes, duduk
Brewen Favrau, small pipes, uilleann pipes, whistles
Ronan Pellen, cistre
Bruno Helstroffer, théorbe
Laurène Helstroffer Durantel, contrebasse

Pour découvrir le Kraken consort en vidéos, cliquer ici.

 

Photo : Laurent Guizard

Le Salon de musique

Avec Le Salon de musique, l’Ensemble de musique ancienne Faenza fait revivre l’esprit de divertissement et de sociabilité des salons du Grand Siècle à travers un concert conçu comme un jeu musical partagé. À l’aide d’un jeu de tarots, les spectateurs sont invités à composer eux-mêmes le programme en direct : onze arcanes, tirées au hasard parmi vingt-deux, dessinent à chaque représentation un parcours musical inédit que les interprètes découvrent en même temps que le public.

Présenté dans un format immersif, avec les auditeurs au plus près et autour des musiciens, le concert renforce l’interaction et transforme l’écoute en expérience collective, où hasard, règle et plaisir du jeu se répondent.

Ce spectacle, qui a tourné dans toute la France avec un égal succès, arrive aujourd’hui à Saint-Malo pour offrir au public du festival une représentation unique, et toujours différente.

La Grande Fugue

Avec le Quatuor n° 13, Ludwig van Beethoven signe l’une des œuvres les plus audacieuses de l’histoire du quatuor à cordes. Donné ici dans sa version originelle, l’ouvrage s’achève par la Grande Fugue, saisissante architecture sonore où le compositeur fait du contrepoint un jeu artistique et intellectuel d’une liberté extrême.

Jeu de combinaisons, de tensions et de métamorphoses, cette fugue monumentale pousse les règles jusqu’à leurs limites et en révèle la force expressive. Un sommet du jeu musical, à la fois rigoureux et incandescent.

L’œuvre sera interprétée par le Quatuor Voce, que le public du festival a déjà acclamé l’an passé dans un tout autre univers, celui du tango argentin, et dont l’engagement et la virtuosité promettent une lecture saisissante de ce chef-d’œuvre beethovénien.

Masques et Bergamasques

Carnaval de Robert Schumann, l’œuvre phare de concert, est une suite de pièces pour piano où défilent masques et personnages de la commedia dell’arte – Arlequin, Pierrot, Colombine – aux côtés de figures réelles ou rêvées. Véritable jeu d’énigmes musicales, l’œuvre dissimule aussi des portraits de compositeurs contemporains, comme Frédéric Chopin et Niccolò Paganini, mêlant virtuosité, poésie et imagination.

Dans le même esprit de travestissement et de jeu, le programme révèle aussi le masque italien que revêt Jean-Sébastien Bach lorsqu’il transpose pour le clavier des concertos vénitiens d’Antonio Vivaldi et Benedetto Marcello.

Enfin, ce carnaval musical s’achève dans la lumière et la rêverie avec le célèbre Clair de lune, extrait de la Suite bergamasque de Claude Debussy.

Un carnaval musical où l’imaginaire des compositeurs rencontre l’art de Claire-Marie Le Guay.

Photo : Lyodoh Kaneko

Le Songe d’une nuit d’été

Ce concert explore différentes facettes du jeu en musique, de la scène théâtrale à la virtuosité, jusqu’à l’architecture parfaite.

Avec l’Ouverture du Songe d’une nuit d’été, Mendelssohn donne vie à l’esprit de la comédie shakespearienne : un tourbillon de situations, de malices et de métamorphoses, où la musique joue avec les personnages, les rythmes et les illusions. Le Concerto pour violon de Brahms met, lui, en lumière le jeu virtuose et expressif du soliste, fait de dialogue, de défi et de complicité avec l’orchestre, porté ici par l’archet inspiré de Fabien Boudot. En apothéose, la Symphonie “Jupiter” de Mozart déploie un art de la construction souverain : dans son étourdissant final, les thèmes s’assemblent et se combinent avec une perfection à la fois ludique et éblouissante.

Sous la direction de son nouveau chef Nicolas Ellis, l’Orchestre National de Bretagne promet une soirée jubilatoire.

Photo : Laurent Guizard

Natalie Dessay chante Broadway

Voix mythique de l’opéra, Natalie Dessay revient à l’une de ses passions fondatrices : la comédie musicale, terrain idéal pour déployer sa liberté scénique et sa vérité théâtrale. De Bernstein à Sondheim, de Styne à Michel Legrand, ce programme flamboyant célèbre les grandes pages de Broadway avec intensité et émotion. À ses côtés, sa fille, la remarquable Neïma Naouri, séduira par son engagement et son charisme. La soirée prendra une résonance toute particulière à Saint-Malo grâce à la présence d’Yvan Cassar, enfant du pays né à Rennes, pianiste, compositeur et arrangeur d’exception, partenaire des plus grands artistes de la scène française, qui insufflera à ce concert une énergie et une couleur toutes particulières.

Portée par ces artistes d’exception, la soirée promet d’être inoubliable, passant avec une élégance rare du rire aux larmes.

L’Héroïque

Fidèle à sa volonté de mettre en valeur le patrimoine breton, Classique au large ouvrira sa 18ᵉ édition avec Âmes d’enfantspour orchestre de Jean Cras, compositeur et officier de marine breton. Dédiée à ses trois filles, cette œuvre délicate et lumineuse explore le mystère de l’enfance à travers des mélodies limpides, imprégnées de paysages bretons et de réminiscences populaires, où se mêlent innocence, spontanéité et jeux de l’imaginaire, en parfaite résonance avec la thématique du festival.

Dans le prolongement de cet univers de l’enfance, l’Orchestre symphonique de Saint-Malo interprétera l’un des chefs-d’œuvre absolus de l’histoire de la musique : la Symphonie n°3 « Héroïque » de Ludwig van Beethoven. Composée par un Beethoven alors dans la trentaine, cette œuvre incarne l’élan fougueux d’une jeunesse en quête d’absolu, où l’ardeur, la révolte et l’idéalisme nourrissent une énergie musicale sans précédent.

De la poésie de l’enfance à l’élan héroïque : une soirée d’émotion et d’énergie pure.