Trio Dauphine. Salons d'hier et d'aujourd'hui

Présentation

Le 28/02/8000 à 14h30 Auditorium Tarif : 10 € Tarif réduit (*): 7 €

 

Le Trio Dauphine a reçu 4 Diapasons en Mars 2015

Comme le disait Edmond et Jules de Goncourt en 1882 dans ​La femme au XVIIIème siècle:
« Du bruit, du mouvement, des joies délicates, des fêtes spirituelles, musiques, concerts, spectacles, tous les plaisirs qui vont à l’âme et l’intelligence, un salon les réunit … »

C’est dans cet esprit que le Trio Dauphine a souhaité mettre en valeur le répertoire de l’époque de Marie­Antoinette au sein d’un moment musical imprégné à la fois du XVIIIème siècle et de notre temps. Ce programme propose donc une évasion dans ce lieu propice aux rencontres artistiques.

Marie­Antoinette, tout au long de sa vie, encouragea ces moments de partage. Elle fût ainsi la dédicataire d’œuvres comme les trios de Jacques­Antoine De Mignaux, compositeur ​Ordinaire de la musique du Roy ​entre 1762 et 1785. De même, retrouvons­nous des sonates de Jean Baur
ou Louis­Charles Ragué dédicacées à des harpistes. La Duchesse de Chartres, de Bourbon ou encore la princesse de Lamballe, personnages de la cour pour qui Marie­Antoinette éprouvait une grande amitié, fréquentaient les salons parisiens et versaillais.

Jean­Philippe Rameau, l’un des compositeurs les plus fameux du XVIIIe siècle, est également à l’honneur. Les portraits en musique, véritables hommages à leur dédicataire, étaient fréquents en ces temps de galanterie. Le Trio Dauphine en propose ici un arrangement pour sa formation, tel qu’ils se pratiquaient sans cesse en fonction des instruments à disposition.

De même Jacques Duphly, dont nous fêtons cette année le 300ème anniversaire de la naissance, fut lui aussi l’un des grands maîtres et compositeurs de clavecin du XVIIIe siècle français. Son second livre est dédié à Madame Victoire de France, quatrième fille de Louis XV. Il fut publié successivement à Paris et à Londres, en faisant l’un des auteurs les plus appréciés dans les salons.

Eglog ​, pièce composée par Aurélien Dumont sur un poème de Dominique Quélen et dont le Trio Dauphine est le dédicataire, a été créée en juin 2011. Véritable lien entre le passé et le présent, le poème et la partition offrent deux regards imbriqués sur ce XVIIIe siècle finissant. Si les mots
peignent une fausse candeur bucolique et laissent planer une certaine fébrilité, la musique les morcellent pour en extraire une atmosphère tantôt piquante, tantôt intime ou évanescente. Cette œuvre donne ainsi aux interprètes l’occasion de parler et chanter tout en jouant.

Enfin, le ​French Concerto ​de Graham Lynch, composé et offert en 2014 au Trio Dauphine, se veut une variation sur le jeu de cartes et les conversations parfois animées qu’il amène! La partition, composée de plusieurs mouvements enchaînés, peut s’interpréter dans un ordre aléatoire, au grès de nos envies.

Programme

Louis-Charles Ragué (1744, après 1793)
Sonate II pour la harpe avec accompagnement de clavecin et de violon obligé, Œuvre I dédiée à la Princesse de Ligne, née Princesse de Massalska

Graham Lynch
French Concerto, divertissement pour harpe, clavecin et violon, Première création mondiale

Jacques Duphly (1715-1789)
Trois pièces en La majeur du Second Livre de pièces de clavecin (c. 1748), La Lanza, Les Colombes, La Damanzy

Jean Philippe Rameau (1683-1764) Arrangement Trio Dauphine
La Laborde et la Boucon, extrait du Deuxième Concert

Aurélien Dumont (1980) Sur un texte de Dominique Quélen
Eglog Commande de la Fondation Marcelle et Robert Delacour

Jacques-Antoine de Mignaux (l. de la seconde moitié du XVIII ème siècle)
Sonate I en trio pour le clavecin, la harpe et le violon, Allegro maestoso-Andante Allegretto

 

Trio Dauphine Clara Izambert Harpe, Maud Giguet Violon et Marie Van Rhijn Clavecin

http://www.triodauphine.com/

 

Texte Eglog, Dominique Quélen

Vous êtes ici, on vous voit, vous n’avez

Que des chants émollients à produire,

Des chants de langueur et de suavité,

Chants de naïve étude et d’abandon

Dictés par la nature, chants tout simples

Tels que; Paissez, moutons, paissez

Les prés herbeux, mangez direct l’herbe

Tendre et drue, les fruits tombés, tels que;

Musique molle où sont jetés les cœurs

Et la jeunesse, airs et chansons des champs,

Sans apprêts, sans perfection, sans rien.

Vous êtes, on vous surveille, on vous voit,

Tels qu’ici près de l’eau, berger, bergère

Et moutons de fantaisie, mêlant,

Troupe, troupeau, vos voix, tels que

Plus tard paîtront, mangeront l’herbe,

Les fruits champêtres et brouteront

Tous les biens agricoles. Tels que dans

La douceur on vous tient comme on tient

Le suint, les poils et la nature entière,

Par cent fils tendus, cent conventions

Qu’on a faites, cent lois agricoles

Et poésies de mobilier rustique.

On vous tient donc, moutons, berger,

Bergère, on vous surveille, on voit partout

L’usure, la trame abîmée, le bois

De convention bientôt débité en billes,

Billots, bétail, gorge offerte, nuque

Tendue et loup dans la forêt, y es-tu?

Vous y êtes, beaux détails passés,

Vous êtes ici, or guilloché, vermeil,

Prairies de fil colorées dans la masse.

On se promène, on joue pour le plaisir,

On se marie deux à deux dans la

Campagne sans rien y entendre car

On est déjà bien ficelé, on fait

Carte, tableau, tel que: ni le loup,

La cagoule à la main négligemment

Et dans l’autre le petit matériel

Pour l’office. Tableau; tel que

Tous tissés dans le même fil, un point

Fantaisie, faux lac, berge molle

Et oisive, berger, bergère en faux

Rustique, bras chargés, paniers

Pleins, tels que; vapeur entrant direct

Dans les pourceaux, vous êtes ici,

La mouche près des lèvres, sur la carte,

Un et deux parmi les moutons à viande,

Et nulle autre manière, nulle

Naïve simplicité des mœurs ni

Discipline aimable contre la mort

 

Ni tiédeur; il faut obéir ou être

Obéi, soumettre par de petits soins

Qui attisent pour que tout cède

Et s’incline avec souplesse et bonne

Grâce et glisse direct dans la gueule

En petite cagoule, comme chez soi.

Nuque tendue, gorge offerte, un peu

De ceci puis de cela, on vous

Surveille, on vous voit, ou votre image,

Désigner, numéroter des objets

Tels que; vous y êtes. En fait d’ordure,

“Tout est ici et autour du cœur “

 

Clara Izambert – harpe simple mouvement

Clara Izambert commence la harpe au Conservatoire de Saint Maur et rencontre trois années plus tard, Marielle Nordmann, avec qui elle ne cessera jamais de travailler par la suite.  En 2010, elle obtient brillamment son master de harpe au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, dans la classe d’Isabelle Moretti ainsi que le cycle supérieur de musique de chambre dans les classes de David Walter et Michel Moraguès. Passionnée par les formations de chambre rares, elle se produit régulièrement avec le Trio Dauphine, consacre son mémoire de master à la formation flûte, alto et harpe et joue aussi régulièrement en duo avec Gaétan Jarry à l’orgue ainsi qu’avec le Baryton Sydney Fierro. Elle joue dans des lieux prestigieux tels que la Basilique de Lourdes, l’Opéra de Leipzig, l’Abbaye de Royaumont, les Festivals de Menton, de Deauville, les Flâneries de Reims et se produit avec des formations aussi diverses que les quatuor Ébène, quatuor Girard, quatuor Ardeo, en duo avec Marielle Nordmann ou encore avec les Solistes de Lyon. Elle goûte au répertoire symphonique et de l’opéra au sein d’orchestres tels que l’Orchestre National de Bordeaux, Les Siècles, l’Orchestre National de Lorraine ou encore l’Opéra de Paris pour Der Ring des Nibelungen de Richard Wagner. Très impliquée dans la création contemporaine, elle est harpiste solo de l’ensemble Le Balcon depuis 2009, ensemble sonorisé dirigé par Maxime Pascal. Sa discographie comprend les Vingt Mystères du Rosaire d’Eric Lebrun (Bayard Musique), l’intégrale de la musique sacrée de Théodore Dubois (Aeolus), un premier disque avec le Trio Dauphine (Arion) et plusieurs enregistrements symphoniques (Orchestre de Lorraine, Les siècles). Après sa rencontre ave Nanja Breejik (harpes anciennes), Clara Izambert décide de consacrer un temps important à la redécouverte du répertoire français de la seconde moitié du XVIIIe siècle pour la harpe simple mouvement et l’Armandine. Clara Izambert est, en parallèle, titulaire d’un diplôme d’enseignement (CA) et titulaire d’un prix d’orgue (CRR St Maur). Elle enseigne au Conservatoire (CRR) d’Amiens, ainsi que dans le Val d’Oise.Clara Izambert est soutenue par le Mécénat Société Générale (2011), lauréate de la Fondation de France (2012) et obtient le Grand Prix Tissier Grandpierre de l’institut de France (2013).

 

Marie van Rhijn – clavecin

Marie van Rhijn a étudié le clavecin à Paris, avec Ilton Wjuniski et Noëlle Spieth, et auprès d’Olivier Baumont, Blandine Rannou et Kenneth Weiss au CNSMDP, obtenant ses prix et récompenses avec les plus hautes distinctions. Lors de masterclasses, elle a bénéficié des conseils précieux d’Huguette Dreyfus, Pierre Hantaï, Elisabeth Joyé, Mitzi Meyerson, Christophe Rousset, Marrieke Spaans et Bob van Asperen. Après avoir obtenu la Bourse du British Council à dix-sept ans pour effectuer des recherches au Royaume-Uni, elle est retournée à Londres dans le cadre d’un séjour Erasmus en 2010 avec Terrence Charlston et Jane Chapman. Elle a été distinguée lors des concours Harpsichord Broadwood competition et Middelburg international early music competition (Royaume-Uni et Pays-Bas, 2011), FNAPEC (France, 2012), Moscow Volkonsky international harpsichord competition et Biber international competition (Russie et Autriche, 2013). En 2011 et 2012, elle a été sélectionnée pour les tournées de l’Orchestre Français des Jeunes, dirigées par Reinhard Goebel, puis par Paul Agnew. Elle a aussi étudié le clavicorde auprès d’Ilton Wjuniski, ainsi que l’orgue avec Jean-François Hatton puis Eric Lebrun. Lors de ses études, elle a aussi pratiqué l’Art Dramatique et plusieurs types de danses. Régulièrement sollicitée pour encadrer des ateliers et masterclasses, Marie van Rhijn a partagé ses connaissances dans plusieurs conservatoires (Deuil-La Barre, Calais,..) et a enseigné pendant trois semaines au Conservatorio Tom Jobim autour des thématiques de l’improvisation et de l’ornementation (EMESP, Sao Paulo, 2013). Elle a aussi enseigné le clavecin et la basse continue à l’école de musique associative CLAS à Servon en 2012-2013, ainsi que la Formation musicale puis le clavecin au conservatoire de Lagny-sur-Marne. Elle tient à mener de front une vie de musicienne-enseignante active, et a enseigné au Conservatoire Jean Sébastien Bach à Bussy-st-George, ainsi qu’au Royal College of Music à Londres où elle a été nommée Junior Fellow pour l’année 2013-2014. Elle a mené l’atelier pédagogique « En Compagnie de Jean Sébatien Bach » à l’Abbaye de Royaumont aux côtés de la chanteuse Chiara Skerath, et a participé aux actions pédagogiques autour de Daphnis et Eglé de Rameau, avec les Arts Florissants à Caen en 2014. Elle vient d’être nommée au CRR de Cergy Pontoise pour succéder à Yannick le Gaillard. En tant que soliste et continuiste, Marie van Rhijn s’est produite internationalement, notamment au Royaume-Uni à Handel House, à Hatchlands Park, à Finchcocks museum, au Festival International d’Edinbourg ; en Belgique à Vleeshuis Museum à Anvers et pour un concert fringe au Musica Antiqua festival à Bruges ; en Autriche, à la Bach Woche à Vienne ; et plus récemment au Brésil, à la Pinacoteca do Estado, Sao Paulo. En Allemagne, elle a été invitée à donner un récital en soliste pour la Radio WDR3, et elle a été sélectionnée à trois reprises pour des concerts fringe au Oude Muziek festival d’Utrecht aux Pays-Bas avec ses ensembles. En France, elle a joué au Festival d’Aix-en-Provence, au château de Valençay, au Festival Sinfonia en Périgord, aux Flâneries de Reims, aux Abbayes de Royaumont, Valloires et Lessay… Elle a travaillé pour plusieurs ensembles : les Arts Florissants, la Sinfonie st Julien, Paris Sinfonietta Chamber orchestra, Trompettes du Carrousel, les Nations Réunies… Ses engagements pour la saison 2014-2015 comprennent des programmes avec le Centre de musique baroque de Versailles, notamment aux journées d’Automne de Souvigny, des concerts au Royaume Uni à la Handel House et avec les ensembles Ballo Baroque et Eboracum Baroque, le Huitième Livre de Monteverdi avec les Arts Florissants et un récital soliste en tant que « Handel House Talent » à Londres.

 

Maud Giguet – violon

 Née en 1981 à Cherbourg, Maud GIGUET se forme auprès de Jean-Walter Audoli au Conservatoire National de Région de Caen avant d’intégrer le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en 2002 dans les classes de Régis Pasquier puis de Mickaël Hentz dont elle sort diplômée en 2006. Très tôt attirée par la musique ancienne, elle suit les conseils de Stéphanie-Marie Degand et se lance, parallèlement à ses études en violon moderne au CNSMDP, à la découverte du violon baroque et plus largement des instruments historiques. Rapidement elle intègre le Concert d’Astrée, sous la direction d’Emmanuelle Haïm. Soucieuse néanmoins d’achever sa formation, elle est admise une seconde fois au CNSMDP dans la classe de violon baroque de François Fernandez où elle se perfectionne durant deux ans. Riche de cette double formation, Maud GIGUET a aujourd‘hui le plaisir de se produire avec des ensembles aussi variés que le Concert d’Astrée, La Chambre Philharmonique, Les Talens Lyriques, Le Cercle de l’Harmonie, Les Arts Florissants,, la Simphonie du Marais, Le Parlement de Musique, l’Orchestre de Saint-Etienne ou l’Orchestre des Champs-Elysées. Passionnée de musique de chambre, elle se produit régulièrement au sein des Solistes d’Astrée ainsi qu’avec le Trio Dauphine, formation originale pour violon baroque, clavecin et harpe à simple mouvement, dont elle est membre fondateur avec Marie Van Rhijn et Clara Izambert, et qui explore le répertoire de la musique de salon de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Ne posant aucune frontière à son univers musical, elle collabore depuis 2007 avec le jeune compositeur Aurélien Dumont, à titre personnel pour la création de son opéra « La Villa des Morts » ou de son quatuor avec flûte « Gruau d’Agrumes », ou en compagnie du Trio Dauphine.

 

(*) Sur présentation d'un justificatif.